Devant la page blanche ...
Toute nouvelle, la profession de biographe pour les particuliers n'est pas encore réglementée. Ce n'est d'ailleurs pas une mauvaise chose même s'il existe une fâcheuse contrepartie : tout le monde peut du jour au lendemain se déclarer biographe. Mais après tout ce ne sont pas les diplômes qui font les bons écrivains, on a le don de l'écriture ou on ne l’a pas. De toute manière, en cas de doute, il vous sera possible de vérifier rapidement la compétence d’un biographe sans attendre pour cela les dernières pages du livre.
Sur quels critères choisir un biographe ? Je serai tenté de répondre : il faut d’abord que le courant passe ! Vous allez lui raconter votre vie, probablement lui faire quelques confidences, autant avoir en face de vous, une personne que vous trouvez sympathique et qui vous inspire confiance. Votre récit n'en sera que facilité, les mots vous viendront plus facilement.
Ensuite, il y a bien sûr ses qualités d'écriture. Cela peut être subjectif : son style peut vous convenir ou pas. Sans doute a-t-il déjà écrit des livres pour des particuliers, demandez-lui d'en lire quelques extraits afin de voir si son écriture vous convient. S'il est débutant et n'a pas encore de références, pas encore de livres à vous montrer, ne lui fermez pas totalement la porte. Il faut bien commencer un jour et j'ai été aussi dans ce cas. Pour rassurer ma première cliente, je lui avais proposé de me mettre à l'épreuve en faisant un essai de quelques pages. Elle me payait uniquement si elle était satisfaite. C'est ainsi que j'ai écrit mon premier livre sans autre référence que ma bonne volonté. Pourquoi ne pas suggérer cette démarche à votre biographe débutant ! S’il est sûr de lui, il ne vous le refusera pas. Il préfèrera probablement tenter sa chance que de perdre un client.
Quelles sont les autres qualités d’un biographe ? C'est une personne discrète qui doit vous garantir une totale confidentialité, s'il le faut sous la forme d'un engagement écrit. Il doit également faire preuve d'une grande qualité d'écoute et s’abstenir de porter un jugement sur les faits que vous lui confiez à travers votre récit. Si vos propos sont contraires à sa déontologie, il vous le fera savoir.
Le biographe ne doit pas non plus tenir le rôle d’un psychologue ou d’un confesseur laïc. D’ailleurs, si l’écriture d’un livre peut constituer une forme de thérapie, elle n’est sans doute pas un remède à tous les maux et le biographe n’est pas un thérapeute. Il n'a ni vocation ni compétence pour guérir, il est là seulement pour tenir la plume. Un biographe digne de ce nom doit savoir rester à sa place et connaître les limites de son métier mais bien sûr, cela n’engage que moi.
Patrick du Boisbaudry
