PORTRAIT

 

Isabelle Souchet Frappier a publié trois récits de voyage. Ne trouvant pas d’éditeur pour son premier livre, elle choisira de s’éditer elle-même. Contre toute attente, c’est un vrai succès. Aujourd’hui, près de 2000 exemplaires ont déjà été vendus, un chiffre record pour un ouvrage autoédité. Bien sûr pour y arriver, entre les espoirs déçus, le temps passé et les loisirs sacrifiés, le chemin ne sera pas de tout repos… mais quelle merveilleuse récompense le jour où elle voit son premier livre dans les rayons d’une librairie.

Vous avez publié trois livres, comment avez-vous procédé ?

Pour le premier et le troisième, j’ai choisi l’autoédition. Pour le second, j’ai fait appel à un éditeur à compte d’auteur.

Vous n’avez jamais essayé de frapper à la porte d’un éditeur classique ?

Si bien sûr, lorsque j’ai écrit mon premier livre j’ai pris contact avec trois éditeurs de ma région. Mais ils m’ont tous donné une réponse négative. Je racontais mon pèlerinage à Compostelle et ils considéraient que mon livre était invendable car il y avait trop de publications sur le sujet.

Cela ne vous a pas découragée ?

Non au contraire, je restais convaincue de l’importance de mon témoignage et j’avais très envie de partager cette belle aventure. J’avais d’ailleurs raison puisque mon livre s’est très bien vendu.

 


Quelle solution avez-vous alors trouvée ?

J’ai décidé de m’autoéditer. C’était ma toute première expérience dans l’édition et je ne savais pas où j’allais, je naviguais à vue.

En quoi consiste l’autoédition ?

C’est le fait de s’éditer soi-même par ses propres moyens.

Vous avez donc fait le travail d’un éditeur ?

Exactement. Dans un premier temps, il m’a fallu trouver des amis qui accepteraient de relire mon texte, d’apporter des corrections. Ensuite, j’ai cherché un graphiste pour concevoir la couverture, un imprimeur compétitif, sérieux et qui respecte les délais. Enfin, il me restait encore à courir les librairies, négocier des remises… Bref, c’est une véritable entreprise, un travail à temps plein pour qui veut se donner à fond. Il faut faire une avance financière importante et on n’est pas toujours sûr de rentrer dans ses frais sans même parler de bénéfice. Et cela va de soi, il faut aussi donner beaucoup de son temps.

Pour votre deuxième livre, vous avez fait appel à un éditeur à compte d’auteur. Pourquoi ce choix ?

En m’adressant à un éditeur, je pensais être dégagée de tous les soucis de fabrication et j’espérais qu’il m’apporterait de vrais moyens pour faire connaître mon livre. Mieux diffusé, mon livre devait mieux se vendre, c’est une simple question de bon sens. Et puis j’en avais marre de courir à droite et à gauche pour faire ce travail.

Mais pourquoi être retournée à l’autoédition pour votre troisième livre ? L’éditeur à compte d’auteur ne vous a pas apporté ce que vous attendiez ?

Non, ce fut pour moi une grosse déception. J’ai déboursé une somme relativement importante pour pas grand-chose. Au niveau de la diffusion de mon livre, on m’a fait beaucoup de promesses qui n’ont pas été tenues : inscriptions sur des sites spécialisés, inscriptions gratuites dans des salons, etc.

Beaucoup de perte de temps également car il me fallait toujours passer par l’intermédiaire de l’éditeur pour communiquer avec le maquettiste ou l’imprimeur. Un triangle inutile et lassant qui s’imposait pour la moindre modification : une nouvelle couleur, une nouvelle disposition du texte…

 

Vous écrivez principalement des récits de voyage ?

Oui, le premier relate mon pèlerinage à Compostelle, le deuxième raconte mon périple en Inde et le dernier, paru il y a quelques semaines, montre la Bulgarie sous un nouveau regard. Un pays proche de nous et pourtant mal connu.

Avez-vous de nouveaux projets d’écriture, un quatrième livre ?

Je ne sais jamais à l’avance. Plusieurs manuscrits avec plan sont dans mes tiroirs mais j’ai besoin d’un déclic pour m’engager.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent écrire un livre et le publier ?

Une fois que le travail d’écriture est terminé, le plus important selon moi, c’est de bien se faire conseiller. Trouver par exemple un professionnel de l’écriture qui veuille bien relire votre prose et être capable d’accepter les critiques. Pour ma part, les conseils d’un écrivain m’ont beaucoup aidé. Cela n’a pas été facile car il m’a fait supprimer certaines parties de mon récit auxquelles je tenais particulièrement mais qu’il jugeait moins intéressantes pour le lecteur. J’ai accepté de le faire et je n’ai eu qu’à m’en féliciter. Si l’auteur ne s’investit pas à fond, la durée de vie de son ouvrage sera très courte. L’univers du livre est passionnant mais il a beaucoup d’exigences.

Merci d’avoir répondu à nos questions, et bonne route Isabelle !


Le marronnier rouge

PS : Si vous avez des question, n'hésitez pas à les poser sur le forum, Isabelle vous répondra.

"A pied, seule, jusqu'à Compostelle", Isabelle Souchet Frappier

"Au fil des jours, en Inde du sud, sac au dos", Isabelle Souchet Frappier

"La Bulgarie, les pieds dans l'eau, la tête sur les sommets", Isabelle Souchet Frappier


















LE MARRONNIER ROUGE

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  Ecrivain Biographe

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