L'atelier d'écriture Simple effet de mode ?
Ces lieux conviviaux où on se retrouve pour écrire, fleurissent un peu partout en France. Pour partager une séance d’écriture, publier leur texte le temps d’une lecture à voix haute, les candidats sont de plus en plus nombreux. On vient pour apprendre à écrire mais aussi pour exprimer ses émotions, déverser un trop plein sur la feuille blanche.
Ils sont sept ou huit autour de la table. Coude contre coude, penchés sur leur papier blanc, ils écrivent en silence. Tout à l’heure viendra le grand moment, celui de la lecture de leur texte à haute voix.Aujourd’hui, les ateliers d’écriture fleurissent un peu partout en France sous forme d’associations ou d’entreprises à but lucratif.
L’ATELIER D’ÉCRITURE
En savoir un peu plus ...
Les ateliers d’écriture réunissent des petits groupes de 8 à 15 personnes. Ils sont ouverts aux écrivains chevronnés comme aux débutants. Certains ateliers s’adressent aux enfants en utilisant le jeu et le dessin.
Les séances durent généralement deux heures. Sous forme de stage, les ateliers peuvent se dérouler sur un week-end ou une semaine.
Ils peuvent occuper différents lieux : un local prêté par la mairie, une maison de la culture, une école, un hôpital, une prison, un jardin ; il y a même des ateliers d’écriture ambulants qui parcourent le désert.
Un atelier peut être généraliste ou porter sur différents thèmes : roman, roman policier, nouvelle, biographie, récit de vie, pièce de théâtre, poésie…
Un animateur définit les règles du jeu, imposant certaines contraintes d’écriture. Il est là pour canaliser, faire découvrir de nouvelles pistes.
Une fois que le participant a écrit son texte, il le lit à haute voix au reste du groupe. Cela donne lieu à des échanges théoriquement constructifs.
L’objectif est d’apprendre à écrire ou de se perfectionner en se faisant plaisir et en profitant de la synergie d’un groupe.
Quelle petite ville ne possède pas son atelier d’écriture ? On les trouve également en zone rurale, dans les écoles mais aussi derrière les hauts murs des prisons et dans les hôpitaux. Sur le web, il y a pléthore d'offres et des ateliers d’écriture en ligne ont fait leur apparition depuis déjà quelque temps.
L’envie d’écrire cache en réalité beaucoup de choses et les motivations des participants apparaissent multiples. Écrire comme on pratiquerait l’art de la peinture ou de la sculpture ou de la danse. Besoin d’écrire par jeu, comme on respire, parce que cela fait du bien. Ou besoin d’écrire pour poser sa douleur sur le papier, s’alléger. Écrire pour se retrouver ou au contraire pour fuir, s’évader, s’échapper.
Dans l’atelier d’écriture, tout le monde a sa place. Ceux qui sont persuadés de ne rien avoir à dire, ceux qui ont des choses à dire mais pensent que ça n’intéressera personne, ceux qui n’osent pas écrire ou ceux qui se trouvent « nuls »…
Fini donc, la solitude devant la page blanche. Plus que jamais, on est incité à partager son écriture, publier ses textes le temps d’une lecture à voix haute. Dans l’auditoire, pas de jugements, pas de comparaisons, juste un échange pour s’enrichir mutuellement.
Quant à l’animateur, car il en faut bien un, il est là pour donner les règles du jeu, cadre nécessaire à l’apprentissage de l’écriture, sorte de solfège. Il écoute et donne des pistes.
Comment expliquer le succès des ateliers d’écriture ? Simple effet de mode ou réel besoin d’écrire qui jusqu’à présent n’avait pas trouvé à s’exprimer ? Peut-être une partie de la réponse se trouve-t-elle dans les résultats du sondage Le Figaro littéraire–Opinion Way : un français sur trois aurait déjà songé à écrire un livre.
Patrick du Boisbaudry
